AIDE TECHNIQUE

La plupart des conseils et informations d’ordre technique concernant la maison traditionnelle se retrouvent dans ma publication intitulée Restaurer une maison traditionnelle au Québec. 50 conseils pratiques que vous retrouverez dans la rubrique précédente, ouvrage publié chez Sogides.

Depuis la publication de cet ouvrage, je me suis intéressé à la question du choix des bois extérieurs pour les ouvrages de menuiserie mais aussi de la peinture extérieure des bâtiments. Nous savons tous à quel point il peut devenir lourd d’entretenir des surfaces boisées extérieures peintes exposées au soleil, à l’humidité et aux intempéries. Ce qui en amène plusieurs à favoriser des matériaux artificiels.

BOIS EXTÉRIEURS

Après utilisation du pin pour des travaux de menuiserie extérieure (où l’effort structural du matériau n’était pas l’exigence première), j’ai constaté une dégradation rapide et un pourrissement fréquent de plusieurs pièces de bois après 10 ans environ. J’ai tenté d’en comprendre la cause. D’après certains, le bois serait séché trop rapidement. D’après d’autres, le bois serait trop jeune. La question demeure ouverte. Chose certaine, il apparait aux yeux de tous que le pin disponible aujourd’hui sur le marché n’offre plus la qualité du pin d’autrefois.

Ce qui m’amène aujourd’hui à favoriser l’utilisation du cèdre blanc (cèdre de l’est du Canada) et aussi du cèdre rouge (cèdre de l’ouest du Canada). Ces bois sont particulièrement résistants à l’humidité. Des parements que j’ai mis en place depuis 20 ans sont très bien conservés sans aucune atteinte visible à leur état, même très exposés à la pluie et aux intempéries.

Bien sûr, ces essences ne sont pas aussi dures et résistantes que le mélèze, mais ce dernier a tendance à tordre, ce qui amène à le mettre de côté pour les éléments d’architecture extérieure. À moins d’usages très spécifiques où la solidité prime et où il est peu apparent. Le mélèze a été largement utilisé au 19e siècle dans la construction navale. On l’appelait alors « tamarack ». De grosses quantités ont été expédiées en Angleterre à partir de Québec. Si bien que les réserves de la vallée du Saint-Laurent ont été épuisées. Il apparait aujourd’hui graduellement sur le marché.

PEINTURE EXTÉRIEURE

La peinture extérieure des bâtiments demeure pour plusieurs un cauchemar. Effectivement, la nécessité de gratter, de décaper et d’appliquer de nouvelles couches sur une surface déjà peinte demande beaucoup de travail et de patience. Aujourd’hui, on retrouve principalement sur le marché la teinture ou peinture acrylique. Et la durée de conservation dépasse rarement 4 ou 5 ans.

Huile de lin traditionnelle suédoise

Une alternative intéressante existe, celle de recourir à une authentique technique traditionnelle à base d’huile de lin, qui dure plus longtemps et n’écaille pas. Pour ce faire, consultez le site de la compagnie suédoise Allback, dont la gamme de produits naturels traditionnels vous étonnera, j’en suis certain ! Commande en ligne. Vous y trouverez aussi en format PDF des brochures techniques sur leurs produits, leur composition, et la façon de les utiliser. La tradition suédoise à son meilleur !

Cette compagnie affirme que son produit n’écaille pas et qu’il suffit par exemple, après une dizaine d’années,  d’en appliquer tout simplement une nouvelle couche si l’on veut rafraichir l’apparence du bois et rétablir la couleur aux endroits où les pigments ont eu tendance à disparaître suite à l’action du soleil.

Faire sa propre recette

Une autre option s’offre aussi à vous, celle de fabriquer vous même votre peinture. Il vous faudra alors constituer une base composée d’huile de lin bouillie et de térébenthine, dans une proportion respective de 3 pour 1. L’huile de lin agit comme liant, et la térébenthine comme solvant et aide au séchage. À cette base, vous ajoutez vos pigments au choix et, selon la quantité, vous obtiendrez une opacité variable. En mélangeant les pigments selon différentes proportions, vous créerez vos propres couleurs. Les pigments sont disponibles (sur commande ou achat sur place) chez  Kama Pigments à Montréal.

J’utilise actuellement les proportions suivantes : 600 ml huile de lin, 200 ml térébenthine et 300 grammes au total d’un pigment ou d’un mélange de plusieurs pigments.

Sur le marché de Québec, j’ai retrouvé l’huile de lin brute (Raw Linseed Oil), l’huile de lin bouillie (Boiled Linseed Oil), et l’huile de lin doublement bouillie pâle de marque Finico. J’utilise ces deux dernières.

Cette peinture ne peut être appliquée que sur du bois neuf, bien évidemment. Si le bois a été exposé au soleil, la surface peut être oxydée. Un léger ponçage aidera  alors à l’adhérence de votre peinture. La durée de séchage sera d’environ 24 heures. Elle peut aller jusqu’à 48 heures, selon les conditions météorologiques.  Même en brassant régulièrement le mélange, vous constaterez peut-être de très fines variations d’intensité de couleur sur la surface en bois mais ce résultat final évoque sensiblement l’apparence des très anciennes finitions à l’huile retrouvés sur des pièces de bois très anciennes. Authenticité oblige !

Je vous encourage à faire vos propres expérimentations sur les bois de votre choix !  Je reviendrai sur cette question éventuellement, après avoir complété d’autres  expérimentations en cours.